Agenda
Concert de Noël au château
Récital de Cihat Aşkın, violon & Patrick Dheur, piano
Oeuvres de Beethoven & César Franck
Une occasion unique de réentendre le piano ancien Herz de 1868 exposé au château
18h30 dans le salon Louis XIV (1er étage) : 25€ - 15€/étudiant (visite du château avant le concert comprise)
Réservations: uniquement par ☎️ 085 /41 13 69

Dans le cadre exceptionnel du Château de Modave, le violoniste turc Cihat Aşkın et le pianiste belge Patrick Dheur se retrouvent pour une soirée consacrée à deux chefs-d’œuvre du répertoire.
La Sonate n° 1 en ré majeur, op. 12 n° 1 de Beethoven, œuvre de jeunesse d’une remarquable fraîcheur, ouvre le programme. Le dialogue entre le violon et le piano y révèle déjà la liberté et la puissance d’invention du compositeur.
En seconde partie, la Sonate en la majeur de César Franck, dédiée à Eugène Ysaÿe, conduit l’auditeur vers l’un des sommets de la musique de chambre française. Construite sur une écriture cyclique d’une exceptionnelle richesse, elle fait dialoguer intimement les deux instruments jusqu’à son lumineux finale.
Cette rencontre prend une résonance toute particulière à Modave : Patrick Dheur y retrouve chaque année le magnifique piano Herz de 1869 du Château, instrument historique auquel il aime redonner voix.
Cihat Aşkın
Figure majeure du violon turc, Cihat Aşkın est un virtuose international, lauréat notamment des concours Menuhin et Carl Flesch. Il s’est produit sur quatre continents et dans plus de cinquante pays, avec de grands orchestres européens. Fondateur de RootTime, de CAKA et de l’Academia of Love, il développe une vision artistique qui fait dialoguer la grande tradition occidentale du violon avec la mémoire musicale d’Istanbul et de l’Anatolie. Sa discographie témoigne de cet engagement entre interprétation, recherche et transmission.
Patrick Dheur
Pianiste concertiste, compositeur et écrivain belge, Patrick Dheur mène une carrière internationale qui associe interprétation et création. Soliste, chambriste et interprète de ses propres œuvres, il se produit régulièrement en Europe. Conservateur du Musée Grétry de la Ville de Liège, il est également commissaire de l’exposition internationale Quand Paganini rencontre Ysaÿe au Grand Curtius et acteur de la Route Européenne Paganini, certifiée Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe en 2026.
À Modave, il poursuit une tradition désormais fidèle : faire résonner chaque année le piano Herz de 1869 dans l’écrin du Château et faire de cet instrument historique le cœur vivant d'une rencontre musicale.
Sonate n° 1 en ré majeur, op. 12 n° 1 de Ludwig van Beethoven
Composée à la fin du XVIIIᵉ siècle et publiée en 1799, la première Sonate pour violon et piano de Beethoven appartient à une période où le compositeur affirme progressivement une voix qui s’éloigne du classicisme de ses prédécesseurs.
L’œuvre demeure lumineuse et élégante, mais Beethoven y introduit déjà cette tension expressive qui deviendra l’une des marques de son langage. Le violon et le piano ne sont jamais réduits à un rôle d’accompagnement : ils se répondent, se prolongent et se confrontent dans un véritable dialogue.
Le premier mouvement, Allegro con brio, déploie une énergie et une vivacité caractéristiques du jeune Beethoven. Le Tema con variazioni qui suit offre au contraire un espace plus intime, où les deux instruments explorent successivement les possibilités expressives du même matériau musical. Le Rondo, Allegro piacevole, conclut la sonate dans un esprit de liberté et d’élan.
Sonate en la majeur pour violon et piano de César Franck
Écrite en 1886 et dédiée à Eugène Ysaÿe, la Sonate de César Franck est devenue l’un des sommets absolus du répertoire pour violon et piano.
À travers cette œuvre, Franck construit un véritable parcours musical fondé sur la mémoire, la transformation des thèmes et la circulation permanente entre les deux instruments. Le célèbre Allegretto ben moderato ouvre la sonate dans une atmosphère presque suspendue, avant que l’Allegro n’introduise une énergie plus dramatique.
Le troisième mouvement, Recitativo-Fantasia, constitue le cœur introspectif de l’œuvre : le violon y semble chercher sa propre voix, dans un dialogue particulièrement libre avec le piano. Enfin, le finale, Allegretto poco mosso, reprend et transforme plusieurs éléments entendus précédemment. Les thèmes se retrouvent, se répondent et s’unissent dans une architecture cyclique d’une remarquable cohérence.
Cette Sonate occupe une place toute particulière dans l’histoire musicale liégeoise. César Franck, né à Liège, appartient en effet à cette grande tradition qui conduira jusqu’à l’école liégeoise du violon, dont Eugène Ysaÿe sera l’une des figures majeures.




